Située dans le département des Bouches-du-Rhône, au cœur de la métropole Aix-Marseille-Provence, Carnoux-en-Provence est une commune à l’identité particulièrement singulière.
Limitrophe de Cassis et d’Aubagne, cette petite ville s’est développée dans un vallon verdoyant entouré de collines et de pinèdes. À quelques kilomètres seulement du littoral méditerranéen et des célèbres calanques, elle bénéficie d’un cadre de vie résidentiel, paisible et boisé.
Mais Carnoux-en-Provence se distingue surtout par son histoire récente. Contrairement aux villages provençaux voisins dont les origines remontent parfois à l’Antiquité ou au Moyen Âge, Carnoux est une ville nouvelle créée au XXe siècle par des Français d’Afrique du Nord.
Son histoire est intimement liée aux rapatriés du Maroc, d’Algérie et de Tunisie, qui ont participé à la construction de la commune et ont laissé une empreinte durable dans son architecture, ses lieux de mémoire et son identité culturelle.
L’histoire de Carnoux commence véritablement en 1957.
À cette époque, le vallon de Carnoux est encore un espace rural dépendant des communes voisines de Roquefort-la-Bédoule et d’Aubagne. Le site est principalement composé de garrigue, de pins et de quelques propriétés isolées.
Le 24 mars 1957, à Casablanca, deux entrepreneurs, Émilien Prophète et son associé Cabanieu, fondent la Coopérative Immobilière Française (CIF).
L’objectif est alors de créer un nouveau lieu de résidence destiné notamment aux Français du Maroc, dans un contexte où l'indépendance du Maroc, acquise en 1956, pousse de nombreuses familles à envisager leur retour en métropole.
Émilien Prophète porte son attention sur un vaste vallon d’environ 419 hectares situé entre Aubagne et Cassis.
Le projet est ambitieux : il faut construire pratiquement une ville entière là où il n’existe encore ni véritable réseau routier, ni équipements publics, ni infrastructures modernes.
À partir de 1958, les architectes de la Coopérative Immobilière Française entreprennent de lotir et d’aménager le territoire.
Des logements, des commerces, des voies de circulation et des équipements sont progressivement construits. Il faut également créer les réseaux d’eau et d’électricité, installer un système d’assainissement et organiser les premiers services publics.
Pendant plusieurs années, Carnoux est un immense chantier.
Les premières messes sont célébrées dans l’ancien pressoir de la bastide de La Crémaillère et une école est même installée dans un garage avant que les infrastructures définitives ne voient le jour.
Cette naissance explique en grande partie l’urbanisme particulier de Carnoux aujourd’hui : rues relativement larges, habitat pavillonnaire, bâtiments modernes et nombreux espaces arborés.
Si le projet de Carnoux est initialement lié aux Français du Maroc, son histoire prend une nouvelle dimension à partir de 1962.
La fin de la guerre d’Algérie entraîne l’arrivée en métropole de centaines de milliers de personnes rapatriées d’Afrique du Nord.
De nombreuses familles venues d’Algérie et de Tunisie rejoignent alors Carnoux, attirées par cette ville nouvelle créée quelques années plus tôt par des Français du Maroc.
La population permanente augmente rapidement : de quelques centaines d’habitants au début des années 1960, Carnoux atteint environ 1 200 habitants en 1963 selon les archives municipales.
Cette arrivée massive contribue à transformer profondément la jeune cité.
Les nouveaux habitants apportent avec eux leurs souvenirs, leurs traditions, leurs habitudes culinaires et leur culture méditerranéenne. Une partie de cette mémoire reste encore très visible dans les noms de rues, les bâtiments religieux et certains monuments de Carnoux.
À mesure que la population augmente, les habitants souhaitent obtenir davantage d’autonomie administrative.
Des démarches sont entreprises auprès des autorités afin que Carnoux devienne une commune indépendante.
Après plusieurs tentatives, la démarche aboutit finalement.
Le 26 août 1966, le Premier ministre Georges Pompidou officialise la création de Carnoux-en-Provence comme commune de plein exercice.
Le premier conseil municipal est élu en janvier 1967 et le premier maire de Carnoux est M. Maret. L’hôtel de ville sera ensuite inauguré en 1970.
Carnoux devient ainsi l’une des plus jeunes communes de France et la dernière-née des Bouches-du-Rhône.
Cette origine explique le caractère très particulier de la commune : Carnoux n’est pas un ancien village qui s’est progressivement développé, mais une ville créée en quelques années autour d’un projet collectif porté par des familles rapatriées d’Afrique du Nord.
L’un des monuments les plus emblématiques de Carnoux-en-Provence est sans doute l’église Notre-Dame-d’Afrique.
Construite au début des années 1960, elle est inaugurée le 26 mars 1966, quelques mois seulement avant que Carnoux ne devienne officiellement une commune.
Son nom et son histoire rappellent directement les racines nord-africaines d’une grande partie des premiers habitants.
L’église abrite notamment une représentation de Notre-Dame d’Afrique, autour de laquelle s’est développée une importante tradition religieuse et mémorielle.
Chaque année, le 15 août, un pèlerinage et des rassemblements rendent hommage à cette histoire et entretiennent le lien avec les communautés originaires d’Afrique du Nord.
L’architecture de l’église elle-même témoigne de la volonté de créer à Carnoux un lieu de culte moderne tout en conservant une référence forte à l’héritage méditerranéen. L’église a notamment fêté ses 50 ans en 2016.
Le cimetière de Carnoux-en-Provence constitue l’un des lieux les plus chargés de mémoire de la commune.
Installé sur les hauteurs, en bordure des collines, il possède une caractéristique particulièrement remarquable : son entrée est marquée par une arche monumentale construite en 1968, inspirée de l’arc de Djemila, en Algérie.
Cette architecture constitue un hommage direct aux racines nord-africaines de nombreux Carnussiens.
L’un des éléments les plus symboliques du cimetière se trouve dans la base de cette arche : des échantillons de terre provenant des anciennes colonies françaises d’Afrique du Nord et d’outre-mer y ont été rassemblés.
Le lieu représente ainsi une forme de continuité symbolique entre la terre quittée par les familles rapatriées et leur nouvelle terre d’installation en Provence.
Le Département des Bouches-du-Rhône rappelle également que le cimetière de Carnoux est devenu, pendant plusieurs années, un lieu d’inhumation particulièrement important pour les familles rapatriées. Jusqu’en 1983, il était notamment possible, sous certaines conditions, de s’y faire inhumer avec un titre de rapatriement même sans avoir résidé dans la commune.
Une formule gravée sur certaines sépultures résume particulièrement bien cette dimension mémorielle :
« Repose en terre natale »
Cette expression prend ici un sens tout particulier : pour les familles qui avaient dû quitter l’Algérie, le Maroc ou la Tunisie, Carnoux représentait une nouvelle terre d’accueil tout en permettant de conserver un lien symbolique avec le pays quitté.
Aujourd’hui encore, le cimetière constitue un lieu important pour comprendre l’histoire de Carnoux et l’histoire des rapatriés d’Afrique du Nord.
L’identité de Carnoux repose ainsi sur une double appartenance.
D’un côté, la commune s’est profondément intégrée à son environnement provençal. Son nom lui-même, Carnoux-en-Provence, témoigne de cette volonté d’ancrage local.
De l’autre, l’héritage des populations venues d’Afrique du Nord reste présent dans les monuments, les traditions et la mémoire collective.
Cette double identité apparaît notamment dans le blason de Carnoux, qui associe des symboles liés à l’Afrique du Nord et à la Provence. Les trois croissants font notamment référence au Maroc, à l’Algérie et à la Tunisie.
La commune a donc construit son identité non pas autour de l’oubli de ses origines, mais autour de leur intégration dans un nouveau territoire.
L’architecture de Carnoux mérite également d’être observée.
Contrairement aux centres anciens d’Aubagne ou de Cassis, la ville ne possède pas de vieux réseau de ruelles médiévales. Son urbanisme est directement issu des principes d’aménagement des villes nouvelles des années 1950 et 1960.
On y retrouve notamment :
La bastide de La Crémaillère, qui servit de siège à la Coopérative Immobilière Française lors des premières années du projet, constitue également un témoignage important des origines de Carnoux. La demeure, datant du XVIIe siècle, existait avant la création de la ville nouvelle.
Au-delà de son histoire, Carnoux-en-Provence séduit par son environnement naturel.
La commune est installée dans un vallon entouré de collines calcaires et de pinèdes. Le paysage associe garrigue, pins d’Alep et végétation méditerranéenne.
Cette situation offre une impression de calme tout en plaçant Carnoux à proximité immédiate de plusieurs grands sites touristiques des Bouches-du-Rhône.
Les collines autour de Carnoux constituent un terrain apprécié pour la randonnée pédestre et les sorties à VTT.
Les sentiers permettent de découvrir les paysages typiques de la Provence méditerranéenne, entre :
Le massif de Carpiagne, qui s’étend entre Marseille, Cassis et Carnoux, constitue l’un des grands espaces naturels de ce secteur des Bouches-du-Rhône.
Depuis certains points élevés, les panoramas permettent d’apercevoir les reliefs de la Provence, la baie de Cassis et le Cap Canaille.
Le centre-ville s’est développé en épousant la topographie naturelle du vallon.
Cette implantation contribue à préserver une certaine sensation de tranquillité, malgré la proximité de grands axes routiers et de pôles urbains importants.
Le parc du Mont Fleuri constitue notamment un espace apprécié pour la promenade, la détente et les activités familiales.
La végétation et les espaces arborés participent largement à l’image de commune résidentielle et verdoyante de Carnoux.
Carnoux-en-Provence ne se limite pas à une commune résidentielle.
La ville possède un tissu local composé de commerces, de services, d’artisans et d’associations qui participent à son dynamisme.
Le centre-ville accueille différents commerces de proximité ainsi que des cafés et restaurants permettant aux habitants de conserver une véritable vie de quartier.
Le marché constitue également un rendez-vous important de la vie locale.
Il permet de retrouver différents produits alimentaires et spécialités appréciés dans la région, notamment des produits frais, des fruits et légumes, des fromages et des produits issus de la tradition provençale.
Au-delà de sa fonction commerciale, le marché participe à la convivialité et aux échanges entre habitants.
La commune dispose également de plusieurs infrastructures consacrées au sport, à la culture et aux loisirs.
Les associations locales jouent un rôle important dans la vie de Carnoux et organisent régulièrement des activités, manifestations, expositions, rencontres et événements.
La médiathèque Albert Camus possède par ailleurs un intérêt particulier pour l’histoire locale puisqu’elle accueille un espace consacré à la mémoire de Carnoux et à l’histoire de l’Afrique du Nord. Cet espace a notamment été développé avec le concours de l’association Carnoux Racines.
Cette volonté de conserver les témoignages et documents liés à la naissance de la commune permet de transmettre aux nouvelles générations l’histoire particulière de Carnoux.
L’un des grands atouts de Carnoux réside dans sa situation géographique.
La commune permet de profiter du calme d’un environnement résidentiel tout en restant proche de plusieurs pôles majeurs de la Provence.
| Destination | Distance approximative | Intérêt |
|---|---|---|
| Cassis | Environ 5 km | Port, plages, calanques et Cap Canaille |
| Aubagne | Environ 6 km | Pays de Marcel Pagnol, santons et artisanat |
| Marseille | Environ 20 km | Vieux-Port, centre-ville, patrimoine et calanques |
| La Ciotat | Environ 15 km | Plages, port et littoral méditerranéen |
| Calanques | À proximité | Randonnée, paysages et activités nautiques |
Les distances et temps de trajet peuvent naturellement varier selon l’itinéraire et les conditions de circulation.
Carnoux bénéficie d’une situation intéressante pour les déplacements dans l’est de la métropole marseillaise.
La commune est notamment proche des autoroutes A50 et A52, permettant de rejoindre rapidement Marseille, Aubagne, Toulon et les principales communes du littoral.
Des lignes de bus permettent également de rejoindre les communes voisines et notamment Aubagne et Cassis.
Cette position géographique explique en partie l’attractivité résidentielle de Carnoux : il est possible de vivre dans un environnement relativement calme et boisé tout en restant à proximité de Marseille et du littoral.
| Catégorie | Éléments clés |
|---|---|
| Situation | Bouches-du-Rhône, métropole Aix-Marseille-Provence |
| Communes voisines | Cassis, Aubagne, Roquefort-la-Bédoule |
| Patrimoine | Église Notre-Dame-d’Afrique, cimetière et arche monumentale, bastide de La Crémaillère |
| Nature | Collines, pinèdes, garrigue, proximité du massif de Carpiagne |
| Culture | Médiathèque Albert Camus, espace mémoire de Carnoux et de l’Afrique du Nord |
| Commerces | Commerces de proximité, marché et services locaux |
| Sports et loisirs | Parcs, équipements sportifs, randonnée et activités de plein air |
| Accès routier | Proximité des autoroutes A50 et A52 |
| Sites touristiques proches | Cassis, calanques, Cap Canaille, Aubagne, Marseille et La Ciotat |
Carnoux-en-Provence occupe une place à part dans le paysage des Bouches-du-Rhône.
Son histoire récente raconte celle de familles françaises d’Afrique du Nord contraintes de quitter leur terre d’origine et qui ont participé à la création d’une nouvelle ville en Provence.
De la Coopérative Immobilière Française à la création officielle de la commune en 1966, de l’église Notre-Dame-d’Afrique au cimetière et à son arche monumentale, de nombreux lieux témoignent encore de cette histoire.
Mais Carnoux ne se résume pas à son passé.
La commune a progressivement construit une identité propre, à la croisée de ses racines nord-africaines et de son intégration au territoire provençal. Son environnement naturel, son urbanisme verdoyant, ses équipements et sa proximité avec Cassis, Aubagne et Marseille en font aujourd’hui une commune résidentielle recherchée.
Carnoux-en-Provence est ainsi une ville jeune par son âge, mais riche d’une histoire humaine singulière : une histoire de déracinement, de reconstruction, de mémoire et d’intégration au cœur de la Provence.
URL : https://www.carnoux-en-provence.com/
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